Une ministre emblématique, sachant manier le verbe et les symboles. Un projet de loi envisageant, au-delà du mariage entre adultes aimants, la filiation. Les mœurs, où chacun croit devoir imposer sa propre vision à l’autre et où tout le monde oublie que le choix laissé à l’autre est la garantie du respect de ses propres choix. Le mariage pour tous réunissait tous les ingrédients de débats passionnés et irrationnels. 

Promulguée le 17 mai 2013, la loi n° 2013-404 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe a fêté ses 5 années d’existence. Alors que le débat revient, avec la révision des lois bioéthiques, sous l’angle de la procréation médicalement assistée (PMA) et de la gestation pour autrui (GPA), l’heure des premiers bilans a sonné. 

Le mariage pour tous : vers la stabilisation ?  

L’article 143 du Code Civil dispose désormais que « le mariage est contracté par deux personnes de sexe différent ou de même sexe ».

Si le premier mariage gay (entre Vincent AUTIN et Bruno BOILEAU) a fait l’objet d’une forte médiatisation, ce sont actuellement quelques 7 000 mariages homosexuels qui sont célébrés annuellement, dans une heuresue indifférence. A tel point que l’on pourrait considérer que le mariage gay et lesbien est entré dans les mœurs. Selon un récent sondage IFOP, 62 % des Français sont contre l’abrogation de la loi sur le mariage pour tous.

Sans grande surprise, les statistiques annuelles de l’INSEE, publiées depuis 2013, font état d’une première période de “rattrapage” : les couples en attente de la réforme ont logiquement pu concrétiser leur projet sitôt la loi promulguée. 

Les mariages gays et lesbiens ont ainsi connu un pic en 2014 avec 10 522 mariages gays ou lesbiens célébrés, sur un total de 241 292 mariages (soit 4,36 % du total des mariages)

Les chiffres ont depuis reflué, et stagnent autour de 7 000 mariages gays ou lesbiens par an, sur un total de quelques 230 000 mariages par an. Ils représentent ainsi de l’ordre de 3 % des mariages célébrés annuellement

Autre effet “rattrapage”, les couples gays et lesbiens qui se sont « unis par les liens du mariage »étaient initialement plus âgés que les couples hétérosexuels. En 2013, les hommes qui se sont unis avoisinaient ainsi la cinquantaine (49 ans), contre 37 ans pour les mariages hétérosexuels. La même année, les femmes qui se sont mariées avaient une moyenne d’âge de 43 ans, contre 34 ans pour les femmes s’engageant dans un mariage hétérosexuel. 

Depuis, la moyenne âge a fortement baissée, quand bien même les couples gays et lesbiens s’unissent à un âge moyen plus avancé à 44 ans pour les hommes, et 39 ans pour les femmes. 

Les femmes et les hommes : vers l’égalité 

Autre enseignement ? Autant d’hommes que de femmes. 

Dans l’immédiat après promulgation, les hommes à s’unir étaient fortement majoritaires. En 2013, les couples à emprunter le mariage pour tous étaient avant tout des couples gays, à 59 % (contre, logiquement, 41 % de couples lesbiens). Les derniers chiffres publiés révèlent qu’il y a, désormais, autant de couples gays que de couples lesbiens à faire choix du mariage avec, respectivement, 52 % de couples gays et 48 % de couples lesbiens. 

Faut-il s’en étonner ou le regretter ? Le mariage homosexuel est davantage présent dans les grandes villes, et plus encore à Paris où 836 des 7 131 mariages gays ou lesbiens de 2016 ont été célébrés.  

Hors les murs de la capitale, l’ouest de la France est sur-représenté avec 5,6 % de mariages homosexuels dénombrés dans le Calvados, 4,83% dans l’Orne ou encore 5,39 % en Charente Maritime ; contre une moyenne nationale de 3 %, de 1,81% dans le Cantal ou encore de 1,89 % dans le Doubs. 
 
Au total, entre le 17 mai 2013 et le 31 décembre 2017, ce sont quelques 39 753 mariages gays ou lesbiens qui ont été célébrées ; quelques 79 506 personnes qui ont trouvé “chaussure à leur pied”. Et c’est là l’essentiel. 

Encore que ces chiffres n’indiquent pas, encore, le nombre de « remariage » post-divorces gays ou lesbiens. Les vicissitudes de la vie de couple ne s’arrêtent pas au sexe des partenaires !      

L'équipe Mutual Justice

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